Le projet de recherche

Ce site héberge un questionnaire. Voici le travail auquel il appartient : la question qu’il pose, la manière dont j’essaie d’y répondre, et ce dont je me méfie.

Vous ne trouverez ici la description d’aucun outil ni d’aucun produit, et c’est délibéré. Annoncer une solution avant d’avoir écouté le terrain reviendrait à demander aux gens s’ils aiment mon idée : ils répondraient poliment, et la recherche perdrait tout intérêt.

La question

Le point de départ est large : quelle place, s’il y en a une, pour les outils numériques dans les pédagogies du dehors — ces pratiques où des enfants apprennent dehors régulièrement, le milieu servant de support et non de décor ? Posée ainsi, la question est trop vaste pour être travaillée. Je la resserre sur un moment précis : ce qui se passe quand un enfant, en sortie, trouve quelque chose qu’il ne connaît pas, et ce que l’adulte fait — ou choisit de ne pas faire — de ce moment.

Le faux débat, et le vrai

On oppose d’ordinaire « écrans » et « pas d’écrans ». Sur le terrain, ce partage n’explique presque rien. L’hypothèse que je veux mettre à l’épreuve est différente : ce que les pédagogies du dehors rejetteraient ne serait pas la technologie en soi, mais un certain modèle — celui d’objets conçus pour capter l’attention et la revendre, là où une sortie cherche au contraire à rendre du temps et de l’attention disponibles.

C’est une hypothèse, pas un résultat. Je n’ai à ce jour aucune source solide pour l’affirmer, et tout le terrain est là pour la confirmer ou la briser.

Quatre hypothèses, aucune tranchée

Quand un éducateur refuse le numérique dehors, sur quoi porte exactement son refus ? Quatre réponses sont possibles. Elles ne se distinguent pas dans les statistiques d’usage, mais seulement dans ce que les gens disent, avec leurs mots :

  • Le geste et les sens — un écran couperait du réel quel que soit son contenu.
  • La logistique — batteries, casse, vol, gestion d’un parc d’appareils.
  • L’institution — ce que le numérique charrie de l’école : l’évaluation, la trace, le contrôle.
  • Le modèle économique — ce que ces objets cherchent à obtenir de ceux qui les utilisent.

Ces pistes ne s’excluent pas, et l’une d’elles suffirait à condamner l’idée même d’un outil numérique dehors. Savoir laquelle domine est l’enjeu central de ce travail.

Comment je m’y prends

  • Ce questionnaire, pour prendre le pouls d’un terrain et préparer les entretiens. Il ne présente aucun objet et ne mesure l’adhésion à aucune idée — ce qu’il n’est pas.
  • Des entretiens qualitatifs, une heure chacun, avec des professionnels du dehors et des écoles. C’est là que se joue l’essentiel — comment y participer.
  • De l’observation de sorties réelles, pour vérifier ce que les mots ne disent pas.
  • Un examen des outils existants — carnets, loupes, herbiers, applications — pour savoir ce qui manque, ou ne manque pas.

Le biais que je surveille

Ce sujet est né d’un vécu personnel. Le danger n’est donc pas de mal poser les questions : c’est d’entendre ce que j’ai envie d’entendre. Toute ma méthode est construite contre ça. À chaque entretien, je cherche activement ce qui contredit ce que je croyais le matin même, et je demande à chaque personne rencontrée de m’orienter vers quelqu’un qui trouverait ma démarche déplacée. Un désaccord argumenté m’est plus utile qu’un accord, et un travail qui ne récolte que des approbations ne vaut rien. S’il ressort du terrain que le papier et la loupe font déjà mieux que tout le reste, ce sera écrit tel quel.

Me joindre

Théo P. A. Lesage — pro.theolesage@gmail.com. Pour une question, une objection, ou pour proposer un entretien.

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